Une affaires de lettres et de mots
Que dit-on de la poste dans les livres? Quelles acceptions ont été retenues, ici ou là , au gré des ouvrages ronronnant à l’intérieur des bibliothèques ?
Voici donc le premier article d’une longue série qui va essayer de lister et de comprendre les différentes acceptations que l’on a bien voulu donner à l’institution mais également au mot en soi: poste.
Dans la lignée d’un des derniers articles paru sur le blog, nous allons nous appuyer sur le dictionnaire critique, le bien nommé: Les Mots de la Géographie.
Poste:
1. Où le courrier «se pose»: d’abord un relais de chevaux dans les messageries. La Poste associe l’idée de liaison et l’idée de relais du poste, et curieusement le mouvement de transfert l’emporte en image sur l’idée de repos. Il arrive pourtant que le courrier se pose très, très longtemps dans les bureaux: le service se dégrade dans les pays développés.
Mais où sont donc passées toutes ces lettres envoyées au «CENTRE DE CRI» par ces «postal-performers»? Elles aussi, reposent-elles dans des bureaux avant leur acheminement? Des mois qu’elles se font attendre. La dégradation du service est, en effet, patente. Et le directeur du centre de cri s’en ait souvent étonné. Avec désarroi, il a pu constater que l’exception confirme toujours la règle. Une seule lettre lui est parvenu pour le moment.
Continuons notre tournée.
2. Position, place : poste de guet, militaire, de douane, poste frontière; au sens figuré: emploi, fonction; un poste de responsabilité, un poste de responsabilité, un poste subalterne. Travail posté: par «postes» (espace de temps) successifs, souvent en «3X8»: trois périodes de huit heures dans la même journée, afin d’assurer un emploi constant des machines ou du service.
Le facteur Pierre DENIS, avait donc cette position là . Celle d’assurer un acheminement constant en lettres, un poste à responsabilité où neige, pluie et froid ne sauraient l’arrêter. A l’époque ce n’est pas les «3X8» que l’on fait, ce sont les «3X3». Trois tournées accomplies par trois facteurs à bicyclette, flanqués de jaune, dans le pays de Vicq-sur-Gartempe.
«3X8», ça fait 24, à peu près le nombre de kilomètres parcourus à vélo par le facteur Pierre DENIS quotidiennement, et ce du lundi matin au samedi après-midi.
Finalement, la Poste, le poste, les postes, c’est plus ou moins une histoire de lettres et une affaire de mots.
D comme Pierre Denis
La géographie pour tous, en quelques mots simples, avec un brin d’esprit critique sur la pertinence du vocable en géographie. Dans Les mots de la géographie, vous trouverez tout ça, une multitude d’entrée, une réflexion sur les termes géographiques et leur ( bon ) usage.

Prise en main de l’ouvrage en question.
Autonomie et Hétéronomie
Pour une fois, on dira que les mots sont gros, mais pas grossiers. Autonomie, tout le monde sait ce que ça veut dire, c’est quand on peut se débrouiller tout seul. Auto=soi-même. Et hétéronomie? C’est le contraire, c’est quand un village, par exemple, dépend entièrement de choses lointaines pour sa survie et son approvisionnement quotidien. Hétéro=autre. Ici, ce jeudi, on découvre une chose étonnante, et c’est peut-être un événement. Les villages qui se débrouillaient tout seuls on brutalement perdus leur autonomie. Et grâce à quoi? Devinez! Grâce à l’auto!
Notre équipe est aujourd’hui réduite et poursuit ses recherches philosophiques rurales, ses recherches dans le village de Vicq-sur-Gartempe et ses parages. Il pleuvait ce jour-là , encore moins de monde dans la rue et toujours autant d’automobiles, comme pour faire ressortir le décalage entre la dépopulation et l’invasion des moteurs à explosion. Le village a perdu l’autonomie d’autrefois et semble ne plus devoir dépendre désormais que des lointains. Le facteur Pierre Denis, d’ailleurs, a-t-il été remplacé par une automobile, où par un autre facteur?
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Les clés du CRI
Nous sommes aujourd’hui Jeudi et c’est le jour de l’événement et du cri qui lui est associé, et qui nous est rapporté par notre blogueur occasionnellement toulousain, FXD. Un article de Thierry Crouzet trouvé sur la Toile à propos de Face Book et que, pour des raisons qu’il explique très bien, on se gardera bien de recopier: blogueurs et producteurs de web, rassemblez votre vie numérique, ne vous laissez pas piller par des sites comme Face Book.
“Ce que vous faites sur [Face Book] vous ne le faites pas chez vous. C’est comme si vous alliez repeindre à l’œil les bureaux de Total. Agrégez vos flux, c’est très bien. Créer du contenu spécifique sur un agrégateur, c’est un peu le serpent qui se mort la queue. (…) Peut-être suis-je un peu obsédé mais j’aime, quand j’écris quelque chose, de ne pas le perdre de vue. Souvent, quand j’ai eu envie de commenter un billet sur un blog, j’ai écrit un billet chez moi avec un lien. Quand je twitte, je compile automatiquement mes tweets dans des billets. Sur mon blog, je rassemble ma vie numérique. Je n’ai aucune envie que quelqu’un se charge de ce travail à ma place, sinon j’aurais l’impression de lui remettre les clés de ma maison et de l’ensemble de mes données.”
Alors, afin que cette citation ne perde pas de vue son auteur, renvoyons à l’article de Thierry Crouzet: le peuple des connecteurs. Et à bientôt sur le cri!
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le TBC est né au Dancing des voyageurs!
A Betz le Château, ce soir, c’est théâtre. A la tombée de la nuit automnale un peu fraîche, une fois la petite cour passée de l’ancien hôtel restaurant des voyageurs, on entre dans un hall comme au théâtre et on bascule dans un autre espace, un autre temps, dans l’univers de la nuit, une nuit différente des autres dans ce petit village du sud Touraine. On dirait un café théâtre!
Une scène, des planches! un décor et cette petite salle où sont déjà là assis des gens autour des tables. Des gens d’ici, de là , connus, jamais vu. Qu’est que l’on est venu faire ici? Voir, chercher un peu de rêve, s’évader, se rassembler, se tenir chaud!… Read more
Le Pain de Saint-Ouens
Que veux-tu, un Musée de l’Histoire, comme monsieur Sarkozy, qui t’expliquera qu’elle commence au point A et qu’elle finit au point B? Une histoire bien tranquille, bien morte comme le temps des pharaons? Dans sa tombe? Ecoute, ce n’est pas comme ça que je vois les choses. J’ai rencontré Medhi et Badrou du Bondy blog, au sujet du problème que j’ai avec les notables du Grand Pressigny, qui me font un procès. Ecoute, j’ai dit à Medhi et Badrou, ce n’est pas comme ça que je vois les choses. Le temps est vivant. Tu vas me demander quel rapport ça a avec le procès que le temps soit vivant? et je vais te dire, on est jeudi, je vais t’expliquer.

En attendant Medhi et Badroudine
A Saint-Ouens, en attendant mon rendez-vous avec Medhi et Badrou, j’ai commencé à vouloir ce procès, à le vouloir vraiment. Read more
www.centre-de-cri.com
Le centre de cri va bientôt changer d’adresse. Actuellement, comme vous avez pu le remarquer, c’est une adresse qui a la forme de www.centre-de-cri.com. Mais ce blog est de plus en plus collectif et appartient à un projet qui dépasse largement ma petite personne. La nouvelle adresse sera donc logiquement de la forme www.centre-de-cri.com.

La poste et le service de l'info
J’ai été à la poste jeudi. Normal puisque c’est jeudi et que j’ai un courrier. C’est la poste de Rambouillet où je me trouve pour régler des questions informatiques. Ah! Un recommandé avec accusé de réception pour notre affaire du Grand Pressigny. Au tribunal. Personne au guichet, remplissez le formulaire! Ah non, je ne prends pas votre lettre, faut que vous alliez voir la préposée là -bas, celle qui vous fait signe près de la machine à timbre. Eh oui, on diminue le personnel, on veut aller plus vite, on apprend au gens à se servir des machines. Elle va vous expliquer.

C'est en maçonnant qu'on devient maçon
Il paraît que c’est l’Europe qui commande la privatisation. Que bientôt la Poste n’aura plus le devoir de vous informer, de vous servir dans vos coins reculés, de manière égalitaire. Ce sera fini le temps du facteur Pierre Denis, celui qui vous apporte le pain. Au village, le restaurant de madame Dumas est fermé. C’était le Dancing où monsieur Philippe jouait du violon. C’est plus que les voitures qui passent dans la rue. Nous sommes en face de la Mairie. L’école est ouverte? Je ne me souviens pas. Là , c’était un autre restaurant. Ma parole, Vicq-sur-Gartempe était une ville. Quequette, voyageur de commerce. Déforge, grand Pêcheur de beaux poissons; on mangeait bien pardi! Tiens encore une maréchalerie! Oh ma mie!

Plus se sera loin, plus se sera européen
Heureusement, y a www.centre-de-cri.com. Passez quand vous voulez, les portes sont ouvertes où jaunes. Inutile de demander votre chemin à la mairie de notre commune, à Lésigny-sur-Creuse, un Centre de Cri, on peut pas le louper. Et attention, on vient de refaire la chappe rouge devant la porte.
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La bulle financière et les jours d’Angles
Catégories: Commerçants, Vie économique
La bulle financière et l’ordre des choses. La spéculation mondiale et la place de chacun au village. La dérive des produits financiers et la crédibilité des gens de Vicq sur Gartempe à l’époque de Pierre Denis, facteur, responsable de la tournée Numéro 1. Les choses vont ensembles. Et pourquoi? Parce qu’il y a deux sortes de crédit, qui sont au fond la même chose. Il y a le crédit que vous avez auprès des gens, qui disent que vous êtes quelqu’un de crédible. Par exemple, avoir du crédit, c’est avoir de la confiance, c’est que les gens savent que vous êtes capable de faire ce que vous prétendez faire. Un maire qui a du crédit pour être maire, repasse au prochaines élections. Une épicerie qui perd son crédit perd ses clients. Ce crédit là vient de la nuit des temps. Il est quasiment sacré. Tellement vieux et tellement sacré qu’on croirait que c’est Dieu qui la créé.

Et puis il y a une autre forme de crédit. Le crédit financier. Il ne vient pas de la nuit des temps. Il vient des banques. C’est un crédit qui apparaît un jour sur votre compte et vous propulse un ou plusieurs crans au dessus des autres. Il vous bouscule tout ce qui semblait en place depuis la nuit des temps. Il met l’agriculteur plus haut que le maire ou le notaire plus bas que le boulanger; avec une opération bancaire, ce crédit là aussi est en rapport avec l’ordre des choses, Read more
De la boucherie et des facteurs
Drôle d’époque, il n’y avait pas la télé.
Aujourd’hui, le grand Wallace Souza débarque avec ses caméras sur un cadavre encore fumant. Le crime et l’actualité en direct. Vitesse de l’éclair, exécution, information. La Poste, tu peux toujours courir. Wallace Souza battait les records d’audience. C’est pas comme le Blog du Centre de Cri. Les gens le lise en butinant, d’une page l’autre, ils peuvent lire des trucs de l’an passé, du mois dernier, d’aujourd’hui. Ce ne sont jamais les mêmes gens, ils ne lisent jamais la même chose, jamais en même temps: le contraire d’une émission à audimat.
La télévision de Wallace Souza, c’est une caricature. Son émission, Canal Livre, dans l’état d’Amazonie au Brésil, marchait du tonnerre, du feu de dieu; au Brésil il y a de quoi traquer les grandes figures du crime. Ca tue à gogo, on peut surfer sur le thème de l’insécurité comme Napoléon IV, ça marche encore mieux.Tellement il était populaire que Wallace Souza est devenu député et que toute sa famille était placé dans la municipalité de Manaus. Grâce à la télé! Le crime organisé. Cet ancien policier viré pour une sombre histoire a bien fait de se convertir dans le journalisme, si c’était ça, son idéal de l’information. Aller de l’essentiel à l’essentiel, du meurtre du père à celui du fils et de là , à l’assemblée fédérale. Read more
Le Temps du Vals de Gartempe
Catégories: Patrimoine, Philosophie, Vals de Gartempe et Creuse
Je vous rappelle que c’est Jeudi et que le jeudi, sur notre blog, c’est le jour de l’Evénement, et qu’en ce moment, on s’intéresse particulièrement à un coin de campagne humaine, dans le canton de Pleumartin, sur la commune de Vicq-sur-Gartempe, dans le Poitou, ou peut-être la Touraine ou même le Berry soyons fous. Nous savons bien que les frontières humaines sont fluctuantes au gré des conquêtes et des refontes administratives. Alors soit, nous sommes poitevins, soyons raisonnable, et la Poste l’est aussi, autant que le temps présent. Comme les grands journaux elle suit les découpages. Et nous, puisque notre rôle c’est d’être poète, on admire la beauté des cartographies. Comme celle du livre de Robert Ducluzeau et François Bigot, sur l’évolution des frontières extérieures et intérieures depuis l’Ancien Régime. Et on voit bien qu’elles bougent, ces frontières, comme les rives de la Creuse ou le littoral marécageux de Villeneuve-les-Maguelones. Les lignes tracées comme des illustrations enfantines cachent la négociation dure de la politique. Le facteur Pierre Denis était poitevin et nous filons le long de la Gartempe, la Creuse et la Claise, pour irriguer les trois pays. Jamais deux fois la même eau dans le même fleuve, disait le philosophe Héraclite. C’est que le temps des fleuves est infini, il part de la nuit des temps et y retourne, dans un progrès continu et sans retour. Contrairement au facteur, il ne revient jamais.

Claude Genet
Voici le temps du Vals. De la Gartempe. Voici l’étrange malédiction des limites. Elles n’ont elles-mêmes pas de limites. Les limites qui changent, sans cesse, qui sont le lieu du changement et du mouvement, c’est aussi celles du monde de l’entre-deux guerres, juste avant l’apparition des inquiétants congés payés qui envahiront les plages réservées de Deauville, le paradis terrestre, comme l’explique le site de la commune. A cette époque, le facteur était quasiment un notable, en tout cas un personnage lettré et le garde champêtre avait des pratiques un peu louche. C’est ce que raconte le grand père jean, devant La Poste. Le garde champêtre (Auguste), c’était le père du père de Jean. Disons qu’il avait une attitude pas trop technique. Quand le préfet s’inquiétait des faibles performances du garde, c’était difficile de lui expliquer que le plus braconnier n’est pas toujours celui qu’on croit. C’est comme les gendarmes. Ils avaient pas la précison et les belles voitures d’aujourd’hui. Et puis tout passe comme la Gartempe. Même ces gens qui nous voient au milieu de la route, devant La Poste, et qui s’arrêtent pour savoir ce qui se passe. Alors je leur dis que nous retraçons la tournée du facteur Pierre Denis, entre les années 20 et les 60 du siècle dernier. On était pas là , on peut pas vous renseigner, me répondent-il, et ils poursuivent leur chemin. Certes. Moi non plus je n’étais pas là . C’est justement ça le temps, on ne le retrouve pas, mais on ne le perd pas forcément. Enfin, on s’est quand même mis en route. Le grand père Jean a la tournée dans la tête. Il parle. A peine atteint l’angle de la place, on croise une vieille connaissance, Claude, qui revient d’un tour en bicyclette. A voir notre aimable compagnie, il est hilare. Mais si vous commencez à vous arretez à chaque fois, on est pas arrivés. En route, en route, le temps passe! C’est qu’une tournée, c’est réglé comme une pendule. Prochaine étape, épicerie Lambert.

























